La chaleur ne présente pas le même risque pour tout le monde
Quand il fait chaud, le corps transpire pour évacuer de la chaleur. Il perd ainsi de l’eau et une partie de ses sels minéraux. Le risque dépend toutefois de la température, de l’humidité, de la durée d’exposition, de l’activité physique et de l’état de santé.
Les nourrissons, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes atteintes d’une maladie chronique, celles qui prennent certains médicaments, les travailleurs en extérieur et les sportifs demandent une vigilance particulière.
Il n’est pas nécessaire d’attendre un chiffre précis au thermomètre pour adopter les bons réflexes : boire régulièrement, se rafraîchir et réduire les efforts aux heures les plus chaudes.
Boire régulièrement, sans imposer trois litres à tout le monde
L’Assurance Maladie conseille généralement de consommer au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour pendant les fortes chaleurs et de boire régulièrement sans attendre d’avoir très soif.
Ce repère n’est pas une prescription universelle. Les besoins augmentent avec l’activité et la transpiration, mais certaines maladies cardiaques ou rénales imposent au contraire de limiter les boissons. Si vous avez un problème de santé ou un traitement particulier, demandez à votre médecin quelle quantité vous convient.
Boire beaucoup plus que ses besoins peut diluer le sodium dans le sang et provoquer une hyponatrémie, notamment chez les personnes âgées ou fragiles. L’objectif est de compenser les pertes, pas de boire le plus possible.
Eau et repas habituels suffisent le plus souvent
Pour la majorité des personnes qui mangent normalement, l’eau et une alimentation variée suffisent à remplacer les pertes habituelles. Il n’est pas nécessaire d’ajouter systématiquement du sel, du magnésium ou une boisson “électrolyte”.
Des besoins particuliers peuvent exister lors d’un effort long et intense, d’une transpiration très abondante, de diarrhées ou de vomissements. Dans ces situations, demandez conseil à un professionnel de santé, surtout pour un enfant, une personne âgée ou une personne malade.
Continuez à manger suffisamment, même si l’appétit baisse. Fruits, légumes, compotes, soupes froides et laitages peuvent compléter l’eau apportée par les boissons.
Quelles boissons choisir ?
L’eau reste le choix le plus simple. Une infusion non sucrée, une eau aromatisée maison ou un jus sans sucre ajouté peuvent apporter de la variété.
Un soda contient de l’eau : dire qu’il “n’hydrate pas” serait inexact. Les boissons très sucrées ou riches en caféine ne sont toutefois pas à privilégier, car elles peuvent augmenter les urines et apportent beaucoup de sucre. L’alcool est à éviter : il favorise la déshydratation et diminue les capacités de l’organisme à lutter contre la chaleur.
Boire glacé n’est pas nécessaire. Une boisson fraîche, prise régulièrement en petites quantités, convient très bien.
Reconnaître les premiers signes
La soif, des lèvres sèches, une fatigue inhabituelle, une faiblesse, des vertiges ou des urines moins abondantes peuvent signaler un début de déshydratation. Des urines foncées sont un indice possible, mais leur couleur ne constitue pas à elle seule un diagnostic.
Des crampes, maux de tête ou nausées peuvent survenir quand la chaleur est mal supportée. Ces symptômes ne prouvent pas automatiquement un manque de magnésium ou d’un autre minéral.
Mettez-vous au frais, arrêtez l’effort, buvez et mouillez votre peau. Si les symptômes s’aggravent ou persistent, demandez rapidement un avis médical.
Les signes qui relèvent de l’urgence
Le coup de chaleur est une urgence. Appelez le 15 ou le 112 en cas de confusion, somnolence inhabituelle, perte de connaissance, température très élevée, peau anormalement chaude, respiration rapide, impossibilité de boire ou aggravation rapide.
Pour une personne déshydratée mais consciente, installez-la au frais, rafraîchissez sa peau et faites-la boire régulièrement en attendant les conseils d’un professionnel.
Ne donnez pas de médicament contre la fièvre sans avis : lors d’un coup de chaleur, les médicaments habituels contre la fièvre ne traitent pas la cause.
Se protéger ne se résume pas à boire
Fermez les volets exposés au soleil, aérez aux heures fraîches et passez du temps dans un lieu rafraîchi. Mouillez régulièrement votre peau. Un ventilateur peut aider s’il fait moins de 32 °C ; au-delà, privilégiez un lieu rafraîchi ou climatisé.
Évitez les efforts importants et les sorties aux heures les plus chaudes. Portez des vêtements légers et prenez régulièrement des nouvelles des personnes fragiles de votre entourage.
Ces gestes réduisent la quantité de chaleur que le corps doit évacuer. Ils sont aussi importants que la boisson.
Questions fréquentes
Faut-il boire trois litres d’eau par jour pendant une canicule ?
Pas systématiquement. L’Assurance Maladie indique généralement au moins 1,5 à 2 litres par jour pendant les fortes chaleurs. Les besoins varient avec l’activité, la transpiration et l’état de santé. En cas de maladie cardiaque, rénale ou de traitement particulier, demandez la quantité adaptée à votre médecin.
L’eau seule suffit-elle ?
Pour la plupart des personnes qui mangent normalement, l’eau et une alimentation variée suffisent. Des besoins particuliers peuvent exister lors d’efforts prolongés, de transpiration très abondante, de diarrhées ou de vomissements ; demandez alors un conseil adapté.
Les sodas hydratent-ils ?
Ils contiennent de l’eau, mais les boissons très sucrées ou riches en caféine ne sont pas le meilleur choix en période de chaleur. L’eau reste la boisson à privilégier et l’alcool est à éviter.
Une urine foncée suffit-elle à diagnostiquer une déshydratation ?
Non. Une urine moins abondante ou foncée peut être un signal utile, mais sa couleur dépend aussi d’autres facteurs. La soif, la sécheresse des lèvres, une fatigue anormale, des vertiges ou une faiblesse doivent également alerter.
Quand appeler les urgences ?
Appelez le 15 ou le 112 en cas de confusion, perte de connaissance, température très élevée, peau anormalement chaude, impossibilité de boire, vomissements répétés, coloration anormale de la peau ou aggravation rapide.
Sources
- Assurance Maladie — que faire en cas de canicule ou de fortes chaleurs ? — Repères de boisson, alimentation, rafraîchissement et vigilance pour les personnes fragiles.
- Assurance Maladie — déshydratation et coup de chaleur — Signes de déshydratation, épuisement et coup de chaleur, avec les situations relevant de l’urgence.
- Santé publique France — risques sanitaires liés aux fortes chaleurs — Risques de déshydratation, hyperthermie et hyponatrémie, et populations particulièrement vulnérables.
- Ministère de la Santé — canicule et hyponatrémie — Prévention du manque de sodium lié notamment à une consommation excessive d’eau chez les personnes à risque.
